33 principes pour mieux planifier les écoquartiers

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’un écoquartier ?

L’ensemble du guide Objectif écoquartiers se veut une réponse à cette question. Mais en voici une version un peu plus courte.

Un écoquartier est d’abord un quartier bien localisé et bien intégré dans son agglomération. C’est un milieu de vie complet: il assure la proximité des services du quotidien, est accessible par des modes de transport viables et offre des espaces publics de qualité. Les rues y sont aménagées à échelle humaine, elles sont davantage des espaces de vie que des axes de circulation; les déplacements actifs y sont prioritaires. Les bâtiments y sont confortables, accessibles et performants. Ils contribuent à la qualité du milieu.

Un écoquartier doit, bien sûr, répondre à des considérations environnementales et notamment atteindre des standards élevés en matière de protection des milieux naturels, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’efficacité énergétique, etc. Pour contribuer au développement de collectivités viables, il devrait permettre à ses habitants de diviser leur empreinte écologique au moins par trois, puisque les ménages québécois consomment, actuellement, plus de trois fois leur part des ressources de la planète. PDF

Toutefois, si les villes et les familles s'intéressent aux écoquartiers, c’est, certes, en raison de leurs atouts sur le plan écologique, mais tout autant, sinon plus, parce qu’il s’agit de milieux de vie de qualité. Concevoir un écoquartier implique donc une approche complète.

Cela ne peut se faire ni par une approche cosmétique, ni par une approche en silo, ni par une approche à la pièce. Ainsi, un écoquartier, ce n’est :

  • ni un développement immobilier avec des bâtiments écoénergétiques;
  • ni un îlot construit au cœur de la nature;
  • ni une vitrine de solutions technologiques à haute performance;
  • ni un bastion réservé à une population fortunée et isolé de ce qui l’entoure.

Au contraire, un écoquartier, ce doit être :

  • un milieu de vie le plus complet possible, qui réponde aux divers besoins d’une population variée;
  • un quartier connecté à son environnement;
  • l’occasion d’améliorer l’existant, pour le quartier lui-même et pour ses environs;
  • des solutions structurantes et efficaces à long terme.

Un écoquartier a vocation à constituer un modèle d’urbanisation, qui assure la qualité de vie de ses résidents et permette de réduire considérablement l’utilisation des ressources naturelles, énergétiques et financières, durant sa construction et via le mode de vie de ses habitants.

Pour en savoir plus, voir l'article Écoquartier sur Collectivitesviables.org.

Pourquoi un guide des écoquartiers ?

Écoquartiers, quartiers verts, quartiers durables ou éco-responsables : de plus en plus de projets immobiliers se réclament du développement durable. Qu’il s’agisse d’une stratégie de positionnement ou d’une démarche sincère d'amélioration des pratiques en développement immobilier et en urbanisme, la tendance est observable dans de nombreuses villes du Québec.

Malheureusement, les élus, les décideurs et les citoyens qui ont à donner leur aval ou leur avis sur un projet ne disposent pas toujours des outils ni des points de repère pour juger de la qualité des initiatives qui leur sont présentées. C’est pour répondre à cette situation que Vivre en Ville propose, avec Objectif écoquartiers, des principes et des balises qui pourront guider les décideurs et les promoteurs dans l'élaboration et la mise en œuvre de projets d’écoquartiers. Cette grille d’analyse détaillée se veut utile, aussi bien pour caractériser les milieux de vie existants, que pour évaluer la qualité d’un nouveau projet au cours de sa conception.

À qui s’adresse Objectif écoquartiers ?

Bien que la création d’Objectif écoquartiers vise à outiller les promoteur et décideurs (élus et professionnels) dans leur travail, Vivre en Ville encourage les citoyens et tous les acteurs concernés à s’approprier le contenu présenté. Ainsi qu’il s’agisse de juger un projet planifié dans le voisinage ou de participer à une réflexion plus profonde sur l’avenir d’une municipalité, chacun pourra s’appuyer sur des références inspirantes.

Un écoquartier est-il nécessairement un projet neuf ?

Non. L’écoquartier n’est pas l’apanage de nouveaux quartiers. Au contraire, plusieurs quartiers existants, plus particulièrement les quartiers centraux et les cœurs villageois, présentent de multiples qualités permettant de répondre aux enjeux des collectivités viables et de créer des milieux de vie complets, de qualité et formant un tout cohérent.

C’est bien souvent autour d’eux que la vitalité des villes et des agglomérations d’aujourd’hui s’est construite, bien que l’aménagement des dernières années ait souvent contribué à les déstructurer. Il est donc souhaitable que des démarches portant sur des secteurs déjà construits voient le jour, qu’il s’agisse de consolidation, de densification ou de requalification d’un quartier existant. L’appui offert aux projets d’écoquartiers par une municipalité devrait même valoriser de telles démarches afin d’en faire des leviers pour une réflexion plus large sur le mode de développement urbain.

Les principes présentés sont-ils indépendants?

Dans Objectif écoquartiers, Vivre en Ville présente 33 principes pour guider la conception d’écoquartiers. Quatre de ces principes sont transversaux; les autres se déclinent à quatre échelles d’intervention, de l'agglomération au bâtiment, en passant par le quartier et la rue.

Ces principes se complètent mutuellement. Certes, les caractéristiques d’un milieu de vie et celles de l'agglomération dans laquelle il s’inscrit pourront influencer leur application, mais c’est en suivant l’orientation générale de cet ensemble de lignes directrices qu’un projet d’écoquartier, et à plus grande échelle, de collectivité viable, pourra réellement prendre forme.

Les interventions effectuées aux différentes échelles ne peuvent être pensées à la pièce. La mise en place de mesures d’apaisement de la circulation, par exemple, ne suffit pas en soi à faire un écoquartier. Qui plus est, les divers aménagements ponctuels doivent être faits en tenant compte non seulement des autres interventions dans l’écoquartier, mais également de leur influence sur les quartiers avoisinants, voire sur l’ensemble de l'agglomération.

Tous les principes doivent-ils absolument être appliqués ?

Pas toujours. 

Il est parfois difficile, voire inopportun, d’appliquer chacun des principes avec la même rigueur. Certains sont toutefois fondamentaux, si bien qu’il est impen­sable d’envisager un écoquartier sans en tenir compte.

Les quatre principes transversaux, dont l’influence se fait sentir à toutes les échelles d’intervention, méritent une attention particulière. Tout écoquartier devrait aussi démontrer qu’il répond à 12 principes jugés fonda­mentaux, répartis sur les quatre échelles d’intervention.

Il est notamment nécessaire de toujours considérer le contexte urbain dans lequel le projet s'intègre. Ainsi, la diversité des activités par exemple, peut-être suffisante à proximité immédiate d'un projet de faible envergure pour ne pas être fortement présente au sein du projet. 

Comment s’assurer de la réussite d’un écoquartier ?

Le succès d’un projet d’écoquartier ne peut s’évaluer pleinement à partir des plans et des intentions de départ : c’est aux résultats qu’on juge un véritable écoquartier, et même aux résultats à long terme. Le quartier a-t-il accueilli une population diversifiée ? Comment ses habitants se déplacent-ils ? Le quartier a-t-il répondu aux besoins locaux ou au contraire, entraîne-t-il la dévitalisation d’une artère commerciale voisine ? Le prix du logement y est-il abordable ? Etc.

Mieux que les principes fixés, mieux que le milieu créé, c’est, au final, la qualité de vie des résidents du quartier qui fera foi du succès.

Évaluer, ajuster, inspirer La mise en place d’un système d’évaluation en fonction des objectifs de départ, tant qualitatifs que quantitatifs, permet de tirer des leçons en regard des résultats obtenus. L’évaluation permet d’apporter les ajustements nécessaires. Elle est même indispensable à l’exemplarité : chaque nouveau projet peut ainsi bénéficier de l’expérience, des succès, mais aussi des écueils rencontrés par les innovateurs. Un quartier est en constante évolution et l’évaluation d’un projet d’écoquartier doit en tenir compte pour permettre à la municipalité de garder le cap au fil du temps. Se doter dès le départ des bons outils d’évaluation permet de maximiser les retombées d’un projet.

Ce guide est-il associé à une certification ?

Non. Objectif écoquartiers n’est pas une certification. Chaque quartier s’intégrant dans un contexte différent et répondant à des besoins qui peuvent être spécifiques, l’excellence peut revêtir différentes formes. Plutôt que des seuils à atteindre, Vivre en Ville propose donc des balises qui permettront à ceux qui le souhaitent de juger de la qualité d’une proposition, en comparaison des bonnes, et aussi des moins bonnes pratiques en la matière. Une chose demeure : un écoquartier doit viser l’idéal et devenir un modèle et une source d’inspiration pour « tirer vers le haut » les pratiques, afin de mieux construire nos milieux de vie.

Pourquoi référer à des certifications ?

La grande majorité des propositions contenues dans ce guide sont véhiculées par nombre d’organisations à travers le monde au sein de certifications existantes. Ains, chaque principe énoncé dans Objectif écoquartiers est accompagné d’une ou plusieurs références à des certifications évaluant cet aspect d’une collectivité viable.

La présence d’une certification en référence ne signifie toutefois pas qu’elle représente une fin en soi. Ces certifications ont leurs qualités et leurs défauts, mais elles constituent toutes un pas, plus ou moins grand, dans la bonne direction. Elles ont été choisies soit pour leur réputation soit pour leur intérêt particulier à l’échelle du quartier. Le choix de plusieurs normes nord-américaines n’est pas anodin puisqu’il démontre que les propositions mises de l’avant sont considérées comme applicables en Amérique du Nord par les divers certificateurs.

Attention aux chiffres L’aspect quantitatif dans la plupart des certifications est à prendre avec beaucoup de précaution. Le contexte et la nature de chaque projet en font varier les résultats potentiels. Ainsi, pour rendre applicable une certification, les objectifs chiffrés sont souvent inférieurs à ce qu’ils devraient être pour viser l’excellence. Même s’il s’agit d’une amélioration par rapport aux pratiques conventionnelles, une certification LEED, par exemple, ne représente souvent rien de plus que le minimum que devrait viser un promoteur ou un constructeur qui veut emboîter le pas du développement durable.

En combien de temps peut-on construire un écoquartier ?

Un certain temps. Il n’existe pas de réponse simple à cette question. Toujours est-il que les exemples internationaux nous enseignent qu’il est important d’accorder du temps pour la planification et la conception, en amont de la mise en œuvre.

Les organisations qui s’engagent dans un projet d’écoquartier, qu’elles soient publiques ou privées, doivent être prêtes à prendre le temps qu’il faut pour la réalisation, et surtout pour la planification du projet. La précipitation est souvent contre-productive et la qualité d’un projet est, règle générale, tributaire d’un processus itératif entre les différents acteurs impliqués, dont les habitants, présents et futurs. Il peut être pertinent d’échelonner l’atteinte des objectifs aussi bien que la réalisation du projet sur plusieurs phases successives.

Au-delà des 33 principes, comment mettre en œuvre concrètement un écoquartier ?

Objectif écoquartiers ne prétend pas offrir un cadre technique et réglementaire pour la mise en œuvre des écoquartiers. Malgré le besoin d’outiller les collectivités québécoises à cet égard, Vivre en Ville croit que le Québec a, avant tout, besoin d’inspiration quant à ses ambitions en matière de collectivités viables et d’écoquartiers.

Du reste, le site Web du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire [MAMOT] propose plusieurs guides sur des aspects variés de la mise en œuvre. Qui plus est, le MAMOT travaille à l’heure actuelle sur un guide à l’intention du milieu municipal afin de l’outiller dans la planification et la mise en œuvre de milieux de vie écoresponsables, qui complétera utilement le présent document.

Par ailleurs, Vivre en Ville proposent plusieurs activités en lien avec les écoquartiers, que vous pouvez découvrir sur la page suivante : vivreenville.org/ecoquartiers.

Pourquoi n'y a-t-il pas plus d'exemples québécois ?

Presque tous les principes sont illustrés à l’aide d’exemples, bons ou mauvais. Le but de l’exercice étant de multiplier les idées susceptibles de faire progresser les pratiques au Québec, les bons exemples choisis l’ont été pour leurs grandes qualités.

Le lecteur remarquera que nombre d’entre eux sont internationaux. Bien qu’il existe de bons exemples québécois, et Objectif écoquartiers en contient plusieurs, encore trop peu dépassent l’effort ponctuel, isolé de l’ensemble des interventions dans les milieux de vie. L’équipe de Vivre en Ville est impatiente de remplacer les exemples internationaux présentés dans ce site Web par des exemples québécois.

Voici donc, en quelque sorte, un appel à l’action. Si vous pensez qu’un cas québécois devrait figurer parmi les exemples d’Objectif écoquartiers, n’hésitez pas à nous le signaler !

J’aimerais obtenir une copie imprimée du guide, est-ce possible ?

Oui. Il est possible d'acheter une version imprimée sur vivreenville.org/objectif-ecoquartiers/.

On répond à vos questions

Voici quelques réponses pour mieux comprendre Objectifecoquartiers.org.

Un principe ne vous apparait pas clair ? Quelque chose manque dans Objectifecoquartiers.org pour bien couvrir la question ? Vous avez rencontré un problème sur le site ou une erreur dans le texte ?

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