Principes pour mieux planifier les écoquartiers

T.1 Planification et mise en œuvre exemplaires

pour assurer l'adéquation de la démarche d'écoquartier avec les besoins de la collectivité

Assurer une collaboration large avec les différentes parties prenantes

  • Se doter d’un processus participatif continu, même lorsque ce n’est pas obligatoire, pour inclure les différentes parties prenantes, dont la population.
  • Stimuler le dialogue avec les parties prenantes tout au long du projet et assurer une rétroaction auprès des personnes consultées à différentes étapes.
  • Assurer la représentation et la pluralité des expériences par une variété de parties prenantes consultées et une variété d'activités participatives.

Éventail d'activités participatives Éventail d'activités participatives illustrées selon le degré d’engagement du public, du plus faible au plus fort : information, consultation, participation active, décision. Source: Vivre en Ville

Prendre en compte la diversité de la population

L’organisation de nos milieux de vie et de nos processus participatifs reproduit de multiples iniquités: hiérarchies et systèmes de pouvoir colonisateurs et patriarcaux, idéologies et perceptions racistes, normes d’aménagements capacitistes, etc. L’adoption de moyens et de stratégies spécifiques s’avère cruciale pour tisser des liens avec certaines communautés et rendre les pratiques de participation plus inclusives.

Développer une connaissance fine du territoire

  • Réaliser un portrait du milieu d’accueil (profil de la population, offre et besoins en logements et en activités de proximité, infrastructures publiques, contexte de mobilité, milieux naturels, caractéristiques patrimoniales, etc.).
  • Aller chercher l'expertise d'usage de la population lors des activités de consultation.
  • Poser un diagnostic prospectif faisant ressortir les enjeux et les potentialités du milieu.

Le diagnostic prospectif, au-delà du portrait

À partir des connaissances acquises sur chacune des facettes du territoire, il est possible de procéder à son diagnostic. En plus de l’identification des enjeux (ce qu'on a à perdre ou à gagner si on intervient ou pas) et de la formulation de la problématique (la situation et les enjeux auxquels la collectivité fait face), le diagnostic peut laisser une place à l’anticipation, par exemple en mettant en lumière les opportunités de (re)développement disponibles. Ce regard prospectif préparera ainsi adéquatement les acteurs à l’élaboration de la vision du devenir de la collectivité.

Concevoir un projet d'ensemble détaillé

  • Se doter d'objectifs prioritaires en fonction des enjeux identifiés et des besoins des parties prenantes, incluant la population.
  • Élaborer un projet concret et illustré pour en faciliter la compréhension et la diffusion.
  • Assurer l’articulation entre le projet d’écoquartier et la vision urbanistique de son milieu d’accueil.

Se doter d'une vision qui répond aux besoins de la collectivité

La vision permet d’orienter la planification et la prise de décision, afin de concrétiser le devenir imaginé et souhaité par la communauté, et ce, dans l’intérêt collectif. La vision du devenir d’une collectivité devrait refléter les valeurs, les préoccupations et les aspirations de sa population.

Se donner les moyens de réussir la mise en œuvre du projet

  • Planifier et réaliser les investissements structurants nécessaires tôt dans la mise en œuvre du projet (décontamination, infrastructures de mobilité, équipements publics, etc.).
  • Miser sur la maîtrise foncière publique pour répondre aux besoins collectifs, particulièrement en matière d’équipements publics, d’abordabilité et d’impact environnemental.
  • ​​Attribuer des ressources techniques et humaines suffisantes pour coordonner et mettre en œuvre le projet.
  • Privilégier une multiplicité d’entreprises de promotion immobilière (privées ou à but non lucratif) pour accélérer la mise en œuvre et augmenter la résilience du projet.
  • Assurer l’exemplarité des investissements publics, notamment par leur localisation, leur accessibilité et inclusivité, leur qualité architecturale et leur performance environnementale.

Veiller au bon voisinage durant la mise en œuvre du projet

  • Informer le voisinage du déroulement du chantier et les nuisances attendues, de façon constante et par une variété de moyens, afin d’assurer la prévisibilité des travaux.
  • Limiter l’impact du chantier sur le voisinage (horaires, bruits, poussière, circulation et stationnement de véhicules lourds, habillage de chantier, etc.).
  • Protéger l'environnement des impacts des chantiers (protection de la végétation, entreposage des produits chimiques sur cuves de rétention, bassin de récupération et décantation des boues de béton et ciment avec élimination appropriée, dispositif de rétention des pollutions, gestion des résidus, etc.).
  • Préserver l’accessibilité et la sécurité pour tous les modes de déplacement (sécurité et accessibilité universelle aux abords du chantier, maintien des parcours de mobilité active, des services de transport collectif, et des accès aux propriétés privées, etc.).

Améliorer continuellement le projet et les pratiques

  • Établir un plan de suivi et, selon l'ampleur du projet, une planification par phase.
  • Évaluer l’atteinte des objectifs ainsi que la satisfaction et le sentiment d’appropriation des personnes qui résident et qui fréquentent le milieu.
  • Réévaluer, au fil des phases du projet, l'équilibre entre la demande et l'offre de logements, de commerces, de services et de mobilité, et ajuster les objectifs prioritaires et la planification pour y répondre, en s’assurant d’impliquer la population dans cette évolution de leur milieu.
  • Documenter le processus et les résultats de manière à pouvoir en diffuser les enseignements.

 

Pour aller plus loin

Ouvrages de Vivre en Ville

Autres ouvrages